> Muriel Douru, l'auteure de la BD féministe répond aux accusations de lesbophobie

mercredi 27 août 2014

Muriel Douru, l'auteure de la BD féministe répond aux accusations de lesbophobie


NB : Cette interview fait suite à mon avant-dernier billet sur les brevets de féminisme.

Suite à ce post, j'ai essuyé de nombreuses accusations de lesbophobie pour avoir relayé la bande dessinée de Muriel Douru, même si j'avais pris soin d'en pointer les maladresses.

J'ai donc pris l'initiative de contacter Muriel pour qu'elle puisse nous donner son éclairage et que vous puissiez éventuellement lui transmettre vos commentaires.

Tout commentaire insultant ou diffamatoire sera bien évidemment supprimé.



Bonjour Muriel, qui es-tu? Peux-tu nous parler de ton parcours?

Bonjour Sophie et tout d’abord, mille mercis de me donner la possibilité de répondre au sujet d’un post dont le succès m’a complètement dépassé (échappé ?).

Je suis dessinatrice freelance depuis des années pour la mode, la papeterie, la décoration et l’édition. Par ailleurs, j’écris des livres (dont la plupart pour enfants) qui parlent tous d’homoparentalité et/ou d’homosexualité. J’ai été la première à le faire avec la sortie en 2003 de « Dis mamanS », un livre tout simple qui raconte les réactions des camarades de classe d’un petit garçon qui a deux mamans à la maison. Ce livre est resté dans un cadre confidentiel puisqu’il a été édité pas « Les Editions Gaies et Lesbiennes » (aucune maison d’édition jeunesse généraliste n’avait voulu de mon projet à l’époque) mais comme il fait partie des rares qui s’adressent directement aux familles homoparentales, je suis heureuse qu’il continue d’être diffusé de la même quantité chaque année, depuis plus de dix ans.

Ont suivi « Un mariage vraiment gai » (le livre qui a le plus « vieilli », tant au niveau du graphisme que du contenu puisque le mariage pour tous a été voté depuis), « Deux mamans et un bébé » (un récit autobiographique racontant l’éprouvant parcours vers bébé quand on est homo) et « Cristelle et Crioline » chez KTM (dans ce conte pour enfants une petite grenouille délaisse le crapaud qu’on veut lui imposer parce qu’elle est amoureuse… d’une autre grenouille).

Et enfin « L’arc en ciel des familles » qui sort dans quelques jours et dans lequel je décris tous les types de familles : de la famille nucléaire à homoparentale, en passant par les familles recomposées, mixtes, composées de deux mamans, deux papas ou plusieurs parents. Je suis très fière de ce nouveau projet- réalisé en collaboration avec Jérémy Patinier mon éditeur Des Ailes sur Un tracteur- car je crois qu’on n’est jamais allez aussi loin dans la description de la diversité des familles, en utilisant les « mots vrais » (GPA, PMA, coparentalité, etc…).

Comment en es-tu venue à écrire cette BD qui a eu énormément de succès sur le net?

J’avais été très choquée de découvrir ce Tumblr consacré à des femmes qui se déclarent hostiles au féminisme. A mes yeux c’est incompréhensible d’être une femme et de s’opposer à ce point à celles qui ont fait que nous sommes une génération libre et indépendante.

J’ai toujours été d’une nature « expressive », on pourrait dire une « grande gueule » ! Longtemps blogueuse (d’abord à l’écrit et de façon anonyme avant que mon blog ne devienne le livre autobiographique après avoir été repéré par un éditeur) puis à travers mes livres pour enfants, ma participation aux manifs (surtout pendant les débats liés au mariage pour tous) mais également sur les réseaux sociaux. C’est mon tempérament et j’ai décidé de l’utiliser à travers mon nouveau blog illustré, très inspiré du style de Pénélope Bagieu, Diglee ou Margaux Mottin (pour ne citer que les plus célèbres) dont j’admire le coup de crayon drôle et pertinent.

Comme souvent quand j’écris un post sur mon blog, j’ai commencé à noter des idées, faire des croquis de ce que j’avais envie de dire en réaction à ce sujet et puis- comme pour le post sur le végétarisme qui a eu beaucoup de succès aussi-, j’ai passé une nuit blanche à le rédiger. A chaque fois, c’est un vrai soulagement d’exprimer et de mettre en images ce genre de pensées, comme si j’avais besoin de les partager pour qu’elles me libèrent un peu.

Comment as-tu géré cet engouement?

En réalité, ce qui m’a « sauvé » c’est que j’ai publié le post la veille de mon départ en vacances et Le Huffington Post l’a relayé le jour-même. J’étais dans l’avion quand j’ai commencé à découvrir que les messages pleuvaient ! Ensuite, je me suis retrouvée à l’étranger sans quasiment aucune connexion internet et je n’ai découvert qu’une semaine plus tard (grâce à un texto de ma sœur) que mon post avait été liké jusqu’à 110 000 fois sur Le Huffington ! C’est à ce moment que j’ai commencé à m’intéresser à ce qui se passait et découvert les critiques qui m’étaient adressées et pour le coup, heureusement que je n’étais pas connectée pour voir tout ça dans l’heure parce que c’était parfois violent.

 Comment gères-tu ces critiques?

Très mal, du fait justement de mon engagement pour la cause homosexuelle et depuis si longtemps. C’est un peu comme si on disait à Mélenchon qu’il fait le jeu de Marine Le Pen !!! Je pense qu’il ne dormirait pas de la nuit et qu’il se sentirait complètement incompris. Comme je l’ai déjà expliqué de ci, de là, je reconnais tout à fait les maladresses de mon post. Jamais je n’aurais imaginé qu’il aurait un tel succès ni qu’il serait autant partagé sinon, croyez-moi, j’aurais fait en sorte qu’il soit le moins propice à de mauvaises interprétations. Je l’aurais encore plus peaufiné bien que je suis certaine qu’au final, il y a toujours des grincheux pour chercher la petite bête.

Car entre nous, ce que je découvre aussi c’est que quoiqu’on fasse on est attaqué et internet permet l’expression de haine, de jugement, sous couvert d’anonymat. Sauf que ce qui est cocasse dans mon cas c’est que pendant des années j’ai reçu des agressions parce que j’osais parler de l’homosexualité aux enfants et que là, … on me reproche d’être homophobe !!! C’est le monde à l’envers.

Tu as également reçu des critiques concernant des aspects jugés problématiques de cette BD, notamment des accusations de lesbophobie et de racisme. Que souhaites-tu répondre?

Comme je suis lesbienne et visible depuis longtemps, j’ai l’impression de pouvoir me jouer des clichés liés aux homos, d’avoir le droit de les représenter d’autant que je pars du principe qu’ils ont toujours un fondement, qu’ils ne viennent pas « de rien ». Les lesbiennes très masculines existent, les très féminines et les couples Butch/Fem aussi, pourquoi serait-ce un problème de les dessiner ? Je trouve cette obsession du « non cliché » un peu curieuse car tout autour de moi existent des gens qui correspondent à l’idée qu’on se fait d’eux (le Gay maniéré par exemple) et d’autres qui sont… à l’opposé !

Ce n'est pas parce que je dessine une butch que j'ai un problème avec celles qui le sont ! On me reproche le « simplisme » de mon post mais cette interprétation l’est tout autant. Faudrait-il ne pas les dessiner parce qu’elles nuiraient à l’image des lesbiennes ? Pour ma part, je me fiche complètement que les gens soient comme ci ou comme ça, ce que je voulais dire à travers ce personnage c’est que je suis certaine que ces femmes « against feminism » ont ELLES un problème avec ça (elles sont toutes super féminines sur leur Tumblr) et qu’ELLES ne veulent pas être associées à cette image, ni à celle des Femen.

Et quand je m'interroge sur le fait que cette mère pourrait imaginer que son fils soit homo parce qu'il touche les paillettes de mon sac, il me semble évident que l'homosexualité potentielle des enfants est encore considérée comme une "angoisse" pour de nombreux parents, mais ce n'est pas parce que je pense que la réaction de cette mère était liée à ça que MOI j’ai un problème avec l’homosexualité !
L’homosexualité est encore très mal vue pour un paquet de gens (on l’a bien vu au moment des débats du mariage pour tous et je suis bien placée pour le savoir), ne faut-il pas le reconnaître et lutter contre en disant, comme dans mon post (qui me semblait clair du coup) : C’est quoi le problème ??? Lâchez la grappe aux petits garçons et aux petites filles !

De plus, il s’agit d’une BD et non d’une thèse et je n’avais aucune prétention d’être porte-parole de quoique ce soit, de parler du féminisme en profondeur. Au départ, c’est une réaction à ces femmes "against feminism" et on ne peut pas s'adresser à elles avec des phrases complexes et des subtilités alors que je suis certaine que leur problème face au féminisme se situe- justement- à un niveau très basique: féministe=pas féminine, féministe= mal baisée, féministe= lesbienne, etc... des idées auxquelles elles ne souhaitent pas être associées.

Enfin, dernière chose, je suis quand même éberluée de voir que certaines « féministes » me tombent dessus pour me reprocher mon « homophobie » (suffit de taper mon nom sur Google pour rigoler de cette insulte), mon « racisme » et au final, mon « anti féminisme ». J’ai finalement l’impression de comprendre pourquoi tant de gens en ont marre des féministes, parce qu’au final, j’ai la sensation que ce n’est jamais assez « bien » pour elles, qu’il y en aura toujours pour critiquer, disséquer la prise de parole des autres et dans mon cas, dénoncer un post qui pourtant, au vu de son succès, aurait pu leur faire plaisir.

D'après ce que tu as pu voir, ta BD a-t-elle eu un impact sur le changement de mentalités (des personnes qui ne se sentaient pas forcément féministes le sont devenues par ex?).

Encore une fois, je n’avais aucune prétention avec ce post et surtout pas celle de faire croire que je peux changer quoique ce soit. Je le pense encore plus depuis que je lis des interprétations de mon propos aux antipodes de ce que j’ai voulu dire !

J’ai reçu de nombreux messages extrêmement positifs et souvent de jeunes femmes qui m’ont dit avoir été touchées par mon post parce qu’elles avaient vécues les agressions de rue ou démarraient dans la vie active.

Je suis persuadée que la bienveillance est essentielle et qu’au lieu de se chercher des noises il faut être heureux de tout ce qui fait avancer la cause des femmes. L ‘idée principale de mon billet c’était de dire : ok, nous on a la chance de vivre heureuses et libres (et dans mon cas de femme mariée à sa compagne et mère d’une petite fille, je sais ce que ça veut dire !) mais beaucoup de femmes vivent encore dans des conditions dramatiques à travers le monde. D’ailleurs à ce sujet, je n’ai rien dit au sujet du racisme parce que les mots me manquent. Je n’y peux rien si les conditions de vie des femmes sont meilleures dans les pays développés que dans les pays en voie de développement, c’est une réalité qu’on ne peut pas nier et contre laquelle il faut se lever. Car si j’ai fait ce post c’est en pensant à elles et pas à mes copines qui comme moi, vivent leur vie tout à fait librement. Donc franchement, qu’on puisse me considérer raciste, ça me sidère.

Quels sont tes projets futurs? As-tu eu des propositions suite au succès de la BD?

Je suis en train d’en faire une version en anglais qui m’a été demandée par une association de féministes polonaises (je n’en revenais pas que mon post soit arrivé jusqu’à elles !) mais je me sens un peu « freinée » du fait d’avoir découvert cette polémique à mon retour de vacances. Je me pose la question de la pertinence d’une telle action si les réactions sont à l’opposé de celles que j’attendais ! Je revois chaque image l’une après l’autre et me pose des questions (dois-je virer l’image de la femme masculine ? mais aussi celle à vélo (qui m’a été reprochée aussi !) ? ajouter des explications archi-détaillées pour ne pas que les interprétations aillent dans le mauvais sens ?). Mais en même temps, je ne peux pas complètement « dénaturer » mon post qui a également plu/parlé à beaucoup !

Et sinon, j’attends avec impatience la sortie de  « L’arc en ciel des familles », les publications que je vais avoir aux éditions Fleurus et les nouveaux projets professionnels pour la mode et la déco qui m’attendent. J’ai la joie de faire un travail qui m’épanouit complètement et je reconnais ma chance.

Pour en savoir plus :


44 commentaires:

  1. Bonjour,

    Personnellement, je n'ai pas vu de racisme ou d'homophobie, mais des simplifications. Et effectivement, ça s'adresse en premier lieu à des femmes qui ne savent rien du féminisme à part les clichés habituels, donc pourquoi pas. Après tout, à l'école, on passe sous silence certaines choses dans certaines classes, puis on revient dessus quand d'autres notions sont maîtrisées.

    Par contre, j'ai été un peu perturbée par le fait de justifier l'existence du féminisme par la situation des femmes ailleurs dans le monde, car souvent les gens utilisent ça pour laisser penser que le féminisme ne sert à rien dans nos pays occidentaux. C'est le principal reproche que je fais à cette BD finalement.

    Et le coup de la fille à vélo, je pense qu'ajouter d'autres illustrations de à quoi ressemblent les féministes, pour montrer une diversité, serait bienvenu. En faisant justement attention à la diversité, et aux femmes que le féminisme oublie souvent, comme les non-blanches, les mamans, les personnes âgées, les handicapées, les hommes (qui sont des femmes comme les autres finalement...).

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    1. Merci pour la proposition de représenter la diversité concernant "la fille à vélo", je vais m'en servir pour la version du post en anglais d'autant que j'ai un dessin dans mes tiroirs qui représente une très jolie BLACK à vélo ! Ce qui mettra peut-être fin à mon supposé racisme.

      Sur votre principale critique, je ne suis par contre pas d'accord avec vous puisque je donne plein de chiffres sur les inégalités H/F et que je dis bien que les problèmes sont également chez nous.

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    2. "d'autant que j'ai un dessin dans mes tiroirs qui représente une très jolie BLACK à vélo ! Ce qui mettra peut-être fin à mon supposé racisme."

      S'enfoncer.

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    3. Les commentaires qui tentent de me faire passer pour ce que je ne suis pas...

      Fatiguant (surtout qu'ils sont courageseument anonymes)

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    4. Bonjour Muriel, merci pour cette ouverture au dialogue et pour votre volonté d'amender votre BD sur les points qui ont causé ces polémiques, choses que l'on retrouve trop peu sur le net.

      Sur le problème de l'image des femmes "non féminines", pour rebondir sur le comm de Lune, ne serait-il pas intéressant de remettre à l'identique dans l'image montrant la diversité la "butch" montrée plus haut, pour bien effacer l'impression de mise à l'écart de ces identités ? (La rigueur intellectuelle voudrait que la Femen y soit aussi reproduite, car féministe à sa manière, mais je suppose que ça dépend surtout de l'opinion que vous avez d'elles.) Concernant la liste de mots "clichés" sur les féministes, (qui pose problème car des insultes sont mises aux cotés d'identités réelles et car rien ne permet de comprendre que vous ne les partagez pas) n'est-il pas plus simple de ne pas la faire apparaitre ?

      Sur le problème du racisme, je ne pense pas que remplacer la blanche à vélo par une noire changera grand chose aux reproches initiaux. Cela peut même donner l'impression de vouloir vous dédouaner sans vous remettre en cause, ce qui explique peut-être le comm si détaillé et respectueux de Anonyme plus haut. Sur les reproches initiaux, je crois que c'est en rapport avec une vision néo-colonialiste, mais il me manque encore des billes pour bien comprendre le sujet. Peut être serait-il intéressant que vous preniez contact avec une des femmes ayant été gênées par ce point afin qu'elle puisse vous expliquer en détail ce qui pose problème et comment faire pour le corriger ?

      Étant moi-même un homme blanc hétéro (et nul en dessin), mes idées ne valent pas forcément grand chose, mais dans le doute... ;)

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    5. Merci Mr Plutonien ! En vérité, c'est drôle mais votre proposition correspond exactement à ce que j'ai fait dans la version anglaise de mon post ; )

      Concernant le racisme par contre, je ne peux rien faire si on estime que de parler des problèmes spécifiques aux femmes dans les pays en voie de développement et de dénoncer les "coutumes" d'un autre âge c'est être raciste...

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    6. Bonjour Muriel,
      Vous avez rédigé une bande dessinée qui pousse les gens à aller vers le féminisme, à se poser des questions sur des sujets qu'ils/elles ne connaissent pas, ne maîtrisent pas, ou ne vivent pas ; à s'intéresser à un combat important, au lieu de parfois débiter des âneries et heurter ce mouvement. C'est un très bon travail en ce qui concerne le féminisme. Maintenant, le meilleur exemple que vous pouvez donner à vos lecteurs serait peut-être de donner l'exemple et, au lieu de balayer l'excellente suggestion d'un plutonien d'un revers de main, de faire vous-même le travail que vous voulez inspirer chez d'autres sur un sujet que vous ne maîtrisez pas (l'anti-racisme).
      Je ne doute pas que certaines critiques ont dû être violentes, bêtes, et blessantes, et je suis navrée que vous ayez dû subir cela. Mais s'il y en a eu tant, c'est qu'il y a un problème de fond (pour vous citer sur les clichés : "je pars du principe qu’ils ont toujours un fondement, qu’ils ne viennent pas « de rien »"). Il y a d'excellents interlocuteurs, en particulier sur twitter, qui n'hésiteront pas à vous éclairer sur la question.
      Montrez l'exemple !
      (Une autre anonyme)

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    7. "Les commentaires qui tentent de me faire passer pour ce que je ne suis pas...

      Fatiguant (surtout qu'ils sont courageseument anonymes)"

      Je ne fais que constater. Un t'associes "barbare" à l'Afrique => première déshumanisation violente à lire (et je parle en connaissance de cause). Deux tu te défends en fétichisant le physique d'une femme noire => deuxième déshumanisation. J'essaie pas de te faire passer pour quoi que ce soit, je te mets face à ta propre merde qui consiste à jeter sous le bus d'autres catégories opprimées (qui comprennent des femmes) sous couvert de féminisme. Cette stratégie le féminisme blanc l'a déjà tenté et le résultat est pas joli-joli (perpétuation du mythe du violeur noir pour légitimer lynchages et stérilisations de masse entre autres) et ça passe aussi par la normalisation d'un discours déshumanisant comme celui que ta BD profère que tu l'acceptes ou non.

      "Concernant le racisme par contre, je ne peux rien faire si on estime que de parler des problèmes spécifiques aux femmes dans les pays en voie de développement et de dénoncer les "coutumes" d'un autre âge c'est être raciste..."

      Je copie-colle une partie d'un de mes commentaires FB en réaction à ta BD :

      "Autre chose : associer "barbare" à l'Afrique. C'est raciste, néo-colonial, déshumanisant bref ça pue. Et considérer que c'est aux femmes occidentales pétées de pognon d'aller les sauver, ceci sans connaitre les conditions socio-historiques dans lesquelles ces pratiques se sont répandues (et plus largement sans rien connaître aux pays en question). Sans parler du fait que l'autrice parle de pays où la France a commis des atrocités chaque fois qu'elle y a foutu les pieds, donc vouloir se poser en white savior en mode "c'est notre devoir de civilisation d'éduquer les populations barbares inférieures" juste non taggle meuf.
      Si lutter contre l'excision dans le féminisme occidental mainstream signifiait promouvoir les féminismes locaux et leur donner assistance selon leur propres termes, y aurait aucun problème. Dans la réalité le discours est néo-colonialiste, essentialise la femme orientale à une victime sans agentivité (comme les TdS tiens) et l'idée même qu'un féminisme non-occidental puisse exister passe complètement au-dessus de leur tête."

      Et je ne suis pas si anonyme, vu que j'ai un compte twitter : https://twitter.com/tiftif56

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    8. Sauf que tu recours visiblement directement à du ad-hominem, agressif, sans avoir le recul du média (c'est une BD), ni du message...

      Ok mec, tu te crois courageux parce que tu as pointé des lacunes et que tu fais ton bon samaritain anti-impérialisme?? Tu as déjà fait une thèse sur le sujet en BD courte toi?? Je pourrais te rapporter qu'un BD a rarement tué quelqu'un (sauf récemment), et qu'il y a des combats "anti-impérialiste" bien plus "urgent" à mener, et qu'un engagement twitteresque de pacotille te fait surtout passer pour un don-quichotte !!

      Tu as fait quoi, concrètement, autour de toi, pour soutenir ta cause??

      Oui, comme tu le vois, la critique est aisé...

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  2. Je vais réagir uniquement sur la question butch/fem et les femmes non hétéro, je suis gouine et blanche et je ne me sens pas qualifiée pour parler avec exactitude des problèmes inhérents à la position de "sauveuse" dans laquelle se place généralement le féminisme occidental.

    Le problème n'est pas d'avoir dessiné une meuf butch, elles existent et c'est plutôt une bonne chose de le prendre en compte et de les représenter. Non le problème, c'est de présenter cette butch comme un archétype de la féministe hystérique et fermée d'esprit (les codes graphiques sont quand même assez clairs) qu'on ne va pas écouter et de lui opposer une féministe jolie, épanouie, féminine qui entre dans une recherche de la respectabilité et qui par cette respectabilité gagne un droit à la parole.
    Peut être que je surinterprète, sauf qu'en ce qui me concerne je suis/j'ai été une lesbienne au crâne rasé, poilue et portant un discours sur la culture du viol difficile à entendre surtout par certains hommes. (bon malgré tout ça je reste une fem --*)
    L'idée c'est qu'on m'a pas mal expliqué que j'avais pas le droit à la parole en raison de tous ces particularismes, et il me semble que plutôt que de dire "on est pas toute comme ça" dire "et si on était toute comme ça, pourquoi ce qu'on dirait serait moins valable" serait plus intéressant et plus pertinent.

    En bref, je n'ai jamais reproché à personne le dessin d'une butch, je me désole que dans les milieux lesbiens et dans les milieux féministes, les butch restent l'épouvantail sur lesquels on se construit une respectabilité.

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    1. J'entends complètement votre remarque. Je la comprends d'autant mieux qu'étant une lesbienne très féminine, j'ai aussi connu mon lot d'incompréhension masculine et le manque de prise au sérieux, comme si mon enveloppe ne correspondait pas à celle attendue (dans le milieu homo aussi d'ailleurs). Mais encore une fois, je pense sincèrement que ces filles "against feminism" ne veulent pas être assimilée à cette image encore véhiculée de la meuf radicale et anti-mecs et c'était ça mon propos. Cette partie de mon post est celle qui est le plus sujet à polémique donc je vais tenter de l'affiner (je ne peux pas revenir sur tout).

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  3. Hey !
    C'est intéressant d'avoir l'interview. Je fais partie de celles qui n'avaient pas partagé la note parce que j'y trouvais effectivement des choses problématiques mais ce nouvel éclairage est vraiment nécessaire. Ca n'enlève rien à ce que je trouve gênant quand on ne connait pas Muriel mais c'est déjà ça. En fait, actuellement, chaque choix doit être tellement justifié dans le cas de notes comme celles-ci que ça devient un véritable casse-tête. De plus être la cible d'accusations non frontales, j'avoue que c'est blasant. Pour en avoir fait l'expérience c'est vraiment humiliant. Bref, c'est une bonne idée de lui avoir laissé la parole, merci !
    Et, avec retard, bravo Muriel pour avoir sensibilisé des gens à ce problème. Ils seront dès lors plus à même de comprendre, de rechercher et de se battre pour ce droit et pour d'autres. C'est surement ça le plus important.

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  4. Bonjour !

    Merci pour cette interview :)

    Je comprends parfaitement qu'on puisse trouver sidérant d'être traitée de raciste ou de lesbophobe, et que le backlash ait semblé incroyablement brutal. Ayant fait partie des féministes qui ont réagi sur Twitter, je suis à la fois gênée par les aspects problématiques de la bd, et contente de voir qu'elle suscite un intérêt dans les milieux non féministes.

    Si, d'un point de vue purement pédagogique, cette bd fait avancer les choses et "convertit" plus de personnes aux féminisme, tant mieux. Donc de ce point de vue là j'en suis très heureuse.

    Quant aux réactions sur Twitter, je n'adhère pas au fait de traiter une personne de raciste, mais de critiquer un propos qui peut l'être. En l’occurrence, la bd me pose problème justement parce qu'elle utilise une argumentation que je considère ethnocentrée, par exemple en utilisant l'argument de l'excision. Ayant souvent entendu des personnes évacuer le problème du sexisme en France en disant "y a bien pire en Afrique, regarde l'excision et les mariages forcés" je trouve que cet argument trouve ses limites. De même, l'utilisation du mot "barbare" me rappelle douloureusement la vision ethnocentrée de certains politiques, trop contents de pouvoir tracer la frontière entre les "civilisations" et les "barbares".

    Je ne pense pas que vous soyez raciste, et certainement pas lesbophobe. Je pense que la bd peut et doit dans une certaine mesure être critiquée, sans pour autant recourir au ad hominem.

    Et oui: on peut aussi se demander si le fait d'être constamment dans une sphère féministe (par exemple sur Twitter) n'a pas tendance à modifier nos attentes envers les autres: plus exigeantEs, plus critiques... plus de réactions à chaud aussi.

    Cela dit, je suis heureuse de voir que votre travail a été critiqué (attention: je différencie bien les critiques des attaques ad hominem), c'est pour moi un signe que les minorités ont pu s'exprimer, qu'elles ont une place dans le féminisme, qu'elles ne sont pas reléguées à "on verra plus tard pour les questions de racisme/lesbophobie".

    Je crois que c'est justement GRACE à cet échange d'opinions que l'on peut améliorer le travail fait ultérieurement dans le militantisme. Ce que je souhaite, c'est tout simplement un peu plus de bienveillance (pas d'attaques ad hominem) et plus de communication (par exemple en demander une relecture de son travail, vérifier auprès des autres ce qu'illes en pensent).

    Bref, merci pour votre bd, je pense qu'elle fera bouger les choses. De mon côté, je vote pour la bienveillance et l'esprit critique :)

    Ponymandias

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  5. Merci pour ce message. En réalité, je n'ai rien contre les critiques et les recommandations pour améliorer un propos, bien au contraire et tout ce que vous me dites là enrichi ma réflexion. Par contre c'est insupportable que des gens publient des articles sur mon post et dissèque ma réflexion sans prendre la peine de savoir qui je suis. Dans des commentaires découverts sur la page FB de "Genre", plusieurs filles parlent de moi comme si elles me connaissaient en disant que je suis "blanche et hétérosexuelle" !! Alors qu'elles critiquent les raccourcis et simplifications de mon post. Et ça, je ne peux pas le supporter.

    J'entends toutes les critiques construites et exprimées avec attention, pas celles qui m'agressent et me traitent d'homophobe car ça va à l'encontre de ce que je fais depuis des années. Malheureusement, internet est aussi un champ de colère et c'est facile de s'énerver anonymement derrière un écran ; )

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  6. Merci Muriel pour ces explications qui apportent un éclairage supplémentaire et enrichissent le débat sur la "comm' féministe". C'est vrai qu'on aurait pu avoir un dessin montrant la diversité des féministes mais si déjà le post a fait réfléchir des personnes c'est toujours un pas en avant.
    Et grand coup de chapeau à Sophie qui désamorce bien le "conflit" et fait avancer le schmilblick!

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  7. Comment en lisant votre article, as t'on pu ne pas comprendre que c'était un peu du " le féminisme pour les nulles" ? Parce que je suis sacrément lesbophobe et raciste moi aussi quand j'explique le féminisme à des gens qui pensent que c'est crier sur les mecs et ne pas s'épiler.

    Sinon, moi aussi je ne dis pas "black" mais noir, et on me reproche aussi d'être raciste... va falloir qu'on se décide une bonne fois pour toutes hein...

    Ah aussi, j'ai découvert votre BD sur FB parce qu'il a été partagée par une amie à moi, féministe française mais de deux parents marocains( voilà comme ça je suis pas raciste, j'ai des amies magrébines) qui le trouvait super bien ( mais elle est islamophobe je pense, parce qu'elle est à fond contre le voile et s'habille avec des trucs ultra moulants...) ( 14eme degré)

    Cet article est bien parce qu'il me permet de découvrir le travail d'une féministe pour une cause que je soutiens, mais je suis triste qu'il existe parce que vous avez du le faire pour vous justifier d'accusations assez tristes ( les critiques OK, les attaques à la noix : NON). J'aurais préféré le lire dans le cadre " Oh cette dessinatrice a fait un article intéressant pour ceux et celles qui ne s'y connaissent vraiment pas en matière de féminisme et qui sont plein de préjugés ultra cons"

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  8. Je n'ai absolument pas compris les accusation portées à cet article.
    Merci Sophie d'offrir un droit de réponse à son auteure ici.

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  9. Bonjour,

    En tant que féministe, je suis assez outrée par cette "affaire", puisqu'au nom du féminisme, deux femmes ont été malmenées.
    Je précise que la BD de Muriel m'a aussi paru problématique (notamment le cliché de la lesbienne masculine repoussante). Ceci dit, que celle ou celui qui n'a jamais eu un propos problématique me jette la première pierre.
    La shit-storm qui s'est abattue sur Muriel (et Sophie, pour l'avoir un peu défendue) me semble totalement disproportionnée. Et anti-féministe, en fait. Ca fait des millénaires que les femmes sont humiliées, accusées de milles maux et culpabilisées. Ca m'agace que des féministes reprennent ces stratégies misogynes. Pendant que l'on blâme Muriel et Sophie, les violeurs (notamment les "violeurs correctifs"), les parents qui rejettent leurs filles lesbiennes, en bref, les agresseurs lesbophobes de tout poil, sont tranquilles. Petit rappel : l'homophobie, la contrainte à l'hétérosexualité, sont des outils du patriarcat. Ce sont des moyens pour les hommes de dominer les femmes. Les hommes sont donc les premiers responsables de l'homophobie : les femmes ne gagnent rien à être homophobes. Les femmes hétérosexuelles, même si elles peuvent insulter et mépriser les lesbiennes, ne sont pas celles qui les agressent, les violent, les tabassent. Ce ne sont pas elles qui votent des lois homophobes. Donc il faudrait un moment arrêter cette misogynie qui consiste à culpabiliser les femmes et à les accuser de tout, quand les vrais coupables sont tranquilles (surtout quand on voit que Muriel est elle-même lesbienne et s'est impliquée dans les droits LGBT).

    Je suis particulièrement outrée par un billet qui est sorti sur Tumblr, critiquant le dernier article de Sophie et la BD de Muriel. Billet écrit par un homme qui fait bien le mansplainning. Mais bon, comme il se présente comme agenre et garçon.ne queer, ça passe comme une lettre à la poste. Il nous enseigne que Muriel, et les féministes en général, n'ont PAS LE DROIT de parler de l'excision. Je répète : un homme, nous dit, à nous femme, de ne pas aborder certains sujet. C'est juste dingue ! Il s'est aussi moquée de Sophie sur Twitter, car elle avait décidé de partagé la BD, la qualifiant de "blanche hétéra" (oui, oui, c'est censé être diffamant). Le coup de la "féministe bourgeoise" (maintenant on dit "blanche", bourgeois c'est un peu démodé) est une vielle technique anti-féministe pour faire taire les femmes, et je ne l'accepte pas.

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    1. Oups je me suis pas relue. Désolée pour les fôtes :/

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    2. Déborah, je ne voulais pas intervenir dans les commentaires pour ne pas parler à la place des concerné(e)s mais je le fais à titre exceptionnel pour te remercier. Je ne vois pas quel est ton pseudo sur Twitter sinon je l'aurais fait là-bas directement. Ou, merci, ces mots font du bien après les moqueries et les agressions dont j'ai été victime (et Muriel indirectement). J'ai relayé le billet sur Tumblr dont tu parles sur Twitter pour montrer que j'étais ouverte et prête au dialogue, j'ai dit que j'étais désolée mais ça n'a servi à rien. Ces mêmes personnes (des féministes je précise) ont préféré continuer à se moquer et à sortir des éléments de l'interview hors contexte sur Twitter. L'une d'elle m'a même écrit "Interview à chier, aucun regret donc" (ce qui est déjà une tentative de dialogue puisque les autres le font sans me mentionner). Ce que je note c'est que les plus véhément(e)s dans leurs critiques ne se sont même pas donnés la peine de venir commenter ici, ce qui est le comble de la lâcheté. En gros, ça critique, ça insulte à tout va mais quand on propose de venir dialoguer avec l'auteure de la BD pour faire avancer les choses, y a plus personne. Elles sont déjà reparties dans une autre shitstorm, elles ont trouvé un autre os à ronger, une autre personne à pourrir. J'ai reçu des MP de soutien de personnes qui n'ont pas osé se manifester publiquement sur Twitter de peur de se prendre une avalanche de twitts de la part de ces féministes. On en est là.

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    3. Je suis contente que mon commentaire t'ait soulagée ! :)
      Je suis nouvelle sur twitter (tout petit compte) : https://twitter.com/Deboradfem

      Je partage tout à fait ton ressenti : on n'est plus dans la critique constructive, mais dans l'agression. Je suis nouvelle sur Twitter, mais une amie féministe à moi y a été pendant longtemps, et en a fait les frais. Elle m'a raconté ces procédés (se foutre de ta gueule dans ton dos, en sortant 2-3 phrases, et jamais venir te parler directement pour en discuter). Résultat : elle a fini par quitter Twitter tellement l’atmosphère y était irrespirable. Et tout ça de la part de personnes se disant féministes ! Mais en quoi c'est féministe, ces mesquineries ? Est-ce que vraiment la cause des femmes les intéresse, ou bien est-ce un prétexte pour attaquer ? C'est à se demander. Comme tu dis, on dirait qu'elles se nourrissent des shitstorms.

      Bref, l’atmosphère de la twittosphère féministe n'est pas toujours des plus sympathiques. La blogueuse Meghan Murphy (que j'aime beaucoup) y a même consacré un article http://feministcurrent.com/8403/the-trouble-with-twitter-feminism/

      Bon courage à toi et à Muriel

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    4. Correction : "qu'ILS et ELLES se nourrissent des shitstorms", car les hommes ne sont pas en reste, comme on a pu le voir. Au contraire, même, je pense que les conflits entre féministes en arrangent beaucoup, mais c'est un autre débat...

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  10. J'ai fini la version en anglais, en espérant qu'elle soit moins sujette à (mauvaise) interprétation: http://atelieraoutaparis.blogspot.fr/2014/08/feminism-what-for_78.html

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    1. Il y a des corrections à faire sur la version anglaise, j'en ai peur :(
      (j'en ai proposé une en PM)

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    2. La seule partie qui m'avait fait tiquer sur votre BD (que par ailleurs j'ai trouvé bien faite en matière de "féminisme pour les nuls" et que j'ai beaucoup vu circuler auprès notamment de gens d'habitude peu enclins à parler de ce thème) était l'enchaînement :
      - voici ce à quoi ressemble le cliché d'une féministe (femme très "masculine", femen)
      - mais en vrai c'est comme ça (femme très "féminine").
      Je pense bien que ce n'était pas le but d'ostraciser les premières (surtout la femme aux cheveux courts), mais c'est l'impression que ça m'avait laissé. Clairement pas quelque chose de volontaire (ce que cet interview vient confirmer), mais comme une maladresse due à l'exercice d'équilibriste inhérent au sujet.

      Bref, tout ça pour dire que la version anglaise résout d'après moi ce problème. Ça montre toujours le cliché (qui existe clairement), mais la chute ne met plus à part cette femme "épouvantail" mais au contraire l'intègre dans le mouvement. Est-ce que vous envisagez de mettre cette image des trois femmes à vélo sur la version française ?

      En tout cas, merci pour votre travail et bon courage pour résister à tout ce que ça a déclenché. Je trouve vraiment triste le harcèlement et les attaques ad hominem que ça provoque. Et même si certaines critiques pouvaient être justifiées, je ne vois pas l'intérêt de déverser des tombereaux de reproches sur quelqu'un, à part lui faire passer l'envie d'essayer quoi que ce soi. Je retrouve là un mécanisme qui est criant chez beaucoup d'enfants et qu'on intègre totalement à l'âge adulte : l'échec et l'erreur sont tellement chers payés que ne rien faire et se caler parfaitement dans le moule deviennent les meilleures options.

      Bon courage.

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  11. Bonjour

    une simple question. pensez vous vraiment qu'en appelant une coutume pratiquée par des millions de personnes "barbare" et "d'un autre âge" vous allez leur faire réaliser qu'il faudrait qu'ils arrêtent immédiatement ?

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  12. Comment dire... Il faudrait donc que pour "aller dans le sens du poil", je trouve un autre mot pour parler de cette absolue monstruosité qu'est l'excision, qui consiste à couper le clitoris et les grandes lèvres des petites filles, à vif, sans anesthésie et sans leur consentement ? Sincèrement j'ai beau chercher mais pour dénoncer cet acte, à part des adjectifs comme: monstrueux, ignoble, inadmissible, etc... je n'ai pas de mot.

    Quand j'ai revu mon post, au départ j'avais supprimé ce terme qu'on m'avait déjà reproché et ça donnait donc: cette coutume (et basta). Coutume ? C'est bien, ça fait pas raciste ? Une coutume au même titre que de mettre des déguisements à certaine fêtes ? Mais enfin, l'excision est une ignominie qui doit être dénoncée comme telle !

    Et oui, en effet, en disant qu'un chat est un chat, on arrête de faire penser à celles et ceux qui pratique cet acte qu'il est légitime parce qu'on ne peut accepter qu'ils se défendent en disant que c'est une simple... coutume. Mais pour faire plaisir à des gens comme vous, je vais aller mettre "ignoble", ça passera mieux.

    Et entre nous, je trouve ça scandaleux de polémiquer ainsi sur des termes alors qu'on parle d'une vraie torture que subissent des petites filles tous les jours !

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    1. J'essaie de vous donner le bénéfice du doute, mais votre dernier commentaire n'aide pas...

      La nécessité d'analyser les discours, les mots qu'on emploie quand on dénonce des violences sexo-spécifiques est VITALE. Le terme "barbare" accolé à "d'un autre âge" est extrêmement raciste et relève d'une vision ethnocentrée.

      Si vous ne pouvez pas vous empêcher d'avoir un propos raciste pour soutenir des femmes qui subissent des violences, je ne sais que dire... remettre son discours en question ne vous fera pas de mal, il ne s'agit pas d'une simple "polémique".

      Marcher sur la gueule des autres pour aider les femmes, non merci très peu pour moi.

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    2. Barbare d'après Larousse : Qui agit avec cruauté, sauvagerie.
      Si je comprends bien, ce qui te dérange dans l'usage du mot "barbare", c'est qu'il se centre sur les sentiments de celui qui pratique l'excision et les présuppose (genre "mouhahaha, je suis un/e sadique pervers/e et j'aime mutiler les petites filles") plutôt que sur l'acte lui-même (les conséquences d'une excision sont horribles) ? Et qu'on risque donc de tomber à côté de la plaque en essayant de comprendre ces gens pour arrêter cette pratique ?

      Par contre, dire que d'utiliser ce mot est raciste, ça me gêne terriblement, parce que l'excision n'est absolument pas répandue de façon homogène chez une "race", quel que soit le sens qu'on donne à ce nom. Il suffit de regarder les cartes de l'OMS pour s'en convaincre.

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  13. Juste un lien qui explique l'ethnocentrisme et le relativisme culturel http://chezfeelozof.blogspot.fr/2009/04/le-relativisme-culturel.html

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    1. Je me suis promis de ne pas intervenir dans les discussions donc je me contente de poster des liens qui parlent à ma place :-)

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  14. Les "gens comme moi" essaient juste de comprendre les meilleures méthodes pour faire reculer l'excision.
    L'occident a imposé à beaucoup de pays africains de faire des lois pour interdire l'excision. Nous ne nous sommes pas préoccupés des conditions d'application de cette interdiction ni de ce qu'il allait advenir des filles non excisées ; et oui beaucoup de filles non excisées étaient exclues de toute vie sociale. certaines ne sont retrouvées à se faire exciser à l'age adulte pour pouvoir avoir une vie sociale.
    Les associations locales de lutte contre l'excision (le travail de Tostan : http://www.tostan.org/ est à ce sens remarquablet) ont travaillé sur l'excision en tant que coutume dans une culture donnée ; afin de comprendre à quoi cela correspond. Ils ont travaillé avec les populations sur leur propre empowerment ; ainsi donner des leçons d'hygiène permet qu'une population comprenne d'elle même qu'une mort par septicémie suite à une excision a une raison logique. ils ont procuré du travail à des exciseuses. et surtout ils ont permis à des villages entiers "amis" de faire des déclarations d'abandon d'excision.
    voici un exemple de declaration collective d'abandon d'excision : http://cridem.org/C_Info.php?article=646829

    Ils ont travaillé globalement et pas sur le seul point de l'excision.

    Et ce, sans culpabiliser les populations. sans leur expliquer qu'ils sont des barbares ou ont des coutumes ignobles ou venus d'un autre âge. juste parce que cela n'a aucune utilité et parce que les populations sont bien convaincues lorsqu'elles excisent de faire cela pour le bien de tout le monde.

    Vous ne pouvez pas traiter l'excision comme si c'était un sujet neutre alors qu'il est au croisement du racisme et du sexisme. dénoncer l'excision ne peut se faire en utilisant des arguments comme "autre âge" qui constituent justement tout le fond de commerce de certains racistes qui considèrent les africains comme pas assez évolués ou avancés dans l'histoire.
    vous dites " Et entre nous, je trouve ça scandaleux de polémiquer ainsi sur des termes alors qu'on parle d'une vraie torture que subissent des petites filles tous les jours"
    mais pensez-vous vraiment, c'était ma question de départ, qu'en disant à des gens qui excisent "au fait vous faites une coutume barbare" ils vont magiquement s'arrêter ? des gens qui excisent liront sans nul doute votre BD. je me doute bien que vous vous fichez de ce qu'ils pensent de vous, mais si votre but est de faire reculer l'excision, je crains que le vocabulaire choisi n'aide pas.


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    1. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer en quoi cette BD est raciste ? C’est sincère, j’aimerais une explication constructive.

      Est-on raciste parce que l’on pense qu’une femme ne devrait pas être excisée à la naissance ? Ok, on peut me reprocher que je ne comprends pas la culture des pays qui la pratiquent. Peut-être même m’accuse-t-on de vouloir changer quelque chose qui ne me regarde pas. Mais les femmes ont-elles réellement le choix de leur excision ? Ne subissent-elles pas une pression énorme de la part des hommes pour se faire exciser ? Les femmes de ces pays visés ne se battent-elles pas pour ne plus le subir ? Si c’est elles qui le disent, alors pas de problème, mais si c’est une femme blanche, alors c’est du racisme ? Au final, je m’en fous qu’une femme veuille se faire exciser si c’est sa volonté de le faire. Là où j’ai un malaise, c’est qu’on ne leurs demande pas vraiment leur avis.

      Suis-je donc raciste ou n’est-ce qu’une question de mots utilisés pour qualifier l’acte d’exciser ? Il ne faudrait donc tout simplement plus qualifier ça de « barbare » ? Mais dire quoi alors ? Comment peut-on nommer cette pratique autrement ? Doit-on minimiser la souffrance que subissent certaines femmes ? Personnellement, j’aurais réagi de la même manière si on avait parlé de l’excision à la naissance de femmes blanches.

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  15. Je viens de changer pour "acte ignoble" pour justement mettre fin à ce genre d'échanges qui selon moi, n'a pas de sens en comparaison des atrocités dont on parle. Avez-vous lu l'article que j'ai mis en lien, celui de Yamina Benguigui qui utilise ce terme de "barbare" en parlant de l'excision ? Doit-on elle aussi la qualifier de raciste- Yamina, raciste ?- au même titre que moi ?

    J'ai vu des photos de petites filles mutilées quand j'ai préparé ce post, des petites filles hurlantes et tenues par plusieurs femmes autour d'elles pendant que l'une d'elle "s'affairait" sur son sexe. J'ai une petite fille de 7 ans et j'ai eu du mal à me remettre de ces images.

    Ce que je trouve VITAL moi c'est que ces enfants ne subissent plus ce genre de choses terrifiantes, pas qu'on perde autant de temps à utiliser un mot plutôt qu'un autre ni à savoir si je suis raciste ou pas (puisque vous en êtes convaincu(e)).

    J'ai fait beaucoup d'efforts pour lire tous les commentaires, écouter les critiques, j'ai passé de nombreuses heures à ressasser mon post pour ne plus entendre ce genre de choses (et pourtant j'ai une vie, un travail) mais non, ça recommence, vous revenez vers moi pour un mot qui serait selon vous déplacé (alors que j'ai repris celui de Me Benguigui qui sait de quoi elle parle) et pour m'insulter. Franchement, maintenant, je vous tire mon chapeau.

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    1. "Une femme racisée l'a dit donc c'est pas raciste". woké

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    2. Valérie vient également de me transmettre ce texte (p 37) qui explique comment aborder le sujet de l'excision sans tomber dans l'ethocentrisme http://www.intact-network.net/intactfr/cp/files/1288597799_7-%20Vers%20l%E2%80%99abandon%20de%20l%E2%80%99excision%20Empowerement%20communautaire%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.pdf

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  16. Yamina Benguigui est française de parents algériens. l'excision n'est pas pratiquée en Algérie.. en quoi saurait elle de quoi elle parle ?

    voici un lien : http://www.intact-network.net/intactfr/cp/files/1288597799_7-%20Vers%20l%E2%80%99abandon%20de%20l%E2%80%99excision%20Empowerement%20communautaire%20au%20S%C3%A9n%C3%A9gal.pdf

    à partir de la page 37.

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  17. Je suis pour discuter le choix des mots, se remettre en cause et tout et tout, mais quand on est face à une personne qui a passé autant de temps sur un travail, accepté avec humilité les remarques, retravaillé son article, on pourrait peut-être faire preuve d'un peu de tact non ?
    Bien que lesbienne elle a déjà supporté et écouté les critiques d'hétéras sur sa prétendue homophobie, franchement, je suis très mal à l'aise devant le lynchage là.
    Proposez d'autres termes plutôt que d'être sèches à ce point.

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  18. Je ne sais pas où tu vois de la sécheresse j'ai passé du temps à chercher des liens et formulé des explications.
    Je suis par principe opposée au fait d'évoquer l'excision quand on n'a pas le temps pour le faire ni la place (et sa bd nest pas dédiée à ce sujet) ; cela alimente à la fois des discours racistes, neo colonialistes et antiféministes (puisqu'on finit par nous dire "et vous vous plaignez encore de votre sort alors qu'il y a l'excision).

    Si je te dis que l'excision est une pratique culturelle c'est à la fois vrai et un peu court d'où l'extrême difficulté à en parler de facon brève.
    elle peut simplement dire si elle a vraiment envie de continuer à utiliser cet exemple (qui pose un tas de problemes) : "il y a x millions de femmes excisées dans le monde". l'immense majorité des gens sait ce qu'est l'excision, il n'y a nul besoin de préciser qu'elle est barbare (ce qui n'est pas fait sur le viol au passage), hors d'âge ou je ne sais quoi.

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    1. En fait, quand une personne a passé du temps, j'essaie toujours de commencer par des trucs positifs avant d'émettre mes critiques, ça aide. (pour avoir été de l'autre côté comme tout le monde)
      Et puis les coms genre "s'enfoncer", "marcher sur la gueule des autres", je sais pas je souffre pour elle quand je lis ça (je sais que ce n'est pas toi mais mon com concernait tout le fil).

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  19. Merci à tous et toutes pour vos commentaires et pour ce débat que, pour ma part, j'ai trouvé très intéressant.
    Muriel m'a écrit pour me dire qu'elle ne souhaitait plus participer aux echanges pour des raisons qui lui appartiennent et que je respecte.
    Pour information, je n'ai supprimé aucun commentaire. Je le précise car JeanneDeur dans son dernier billet affirme que son commentaire est parti "dans les limbes", ce n'est pas le cas, je n'ai pas de commentaire de sa part en attente. Si quelqu'un peut lui faire passer le message (il est en privé sur Twitter) et lui demander de retirer cette affirmation par la même occasion, ça me rendrait service.
    Merci à tous et à toutes.

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  20. Bonjour,elle est super votre bd, les gens cherchent la petite bête ou il y en a pas! Continuez, et comme dis une vieille dame de mon entourage: il n'y a que les gens qui n'agissent pas qui ne sont pas critiqués! Merci à vous!

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