> Concours d'écriture : interview de Dominique Bochel Guégan

mercredi 27 août 2014

Concours d'écriture : interview de Dominique Bochel Guégan



Aujourd'hui j'ai le plaisir d'interviewer Dominique Bochel Guégan,  2ème prix du concours d'écriture organisé sur le blog.

Vous pouvez retrouver sa nouvelle "Briques à la sauce caillou" ainsi que 10 autres textes inédits sur le site de Librinova.

Bonjour Dominique, peux-tu te présenter ?  

Bonjour, Dom, ½ siècle au compteur et pas mal de kilomètres parcourus. Je vis entre le continent africain et le continent européen, avec ma famille, mes chats et mes trois tortues, et je navigue à vue entre entreprenariat et chroniques société sur le Plus/Nouvel Obs en espérant un jour arriver à bon port.

Comment es-tu venue à l’écriture ?

Par mon ancien blog, ménagères de moins de 50 ans, qui m’a donné le goût des chroniques et des billets d’humeur, qui m’a permis de comprendre aussi l’intérêt presque thérapeutique d’écrire ses grands bonheurs et ses petits malheurs quotidiens.

Aujourd’hui, je n’écris plus sur moi, mais le Nouvel Obs m’offre le plaisir ineffable de pouvoir râler sur tout et n’importe quoi par écrit, mes proches ne l’en remercieront jamais assez.

Qu’espérais-tu en participant au concours ? Comment t’est venue l’idée de la nouvelle « Briques sauce cailloux» ?

Je n’espérais rien, je n’attendais rien, si ce n’est de relever un petit défi personnel, celui de dépasser les deux pages. L’idée, elle ne m’est pas venue car elle est en moi depuis déjà longtemps, presque un besoin, comme une évidence.

Qu’est ce que le prix a changé pour toi ? (même si c’est assez récent !). Que conseillerais-tu à ceux qui hésitent à se lancer ?

Il n’a changé qu’une chose mais elle est essentielle, c’est de me dire qu’il est possible d’aller plus loin, d’oser aller plus loin. Que deux pages, ou sept, ou quatre cents, finalement, c’est pareil et que c’est un voyage désormais possible qui a commencé avec ce premier pas.

Un conseil ? Ecrivez, c’est tout. Faites juste le premier pas.

Quels sont tes rituels d’écriture ? Où trouves-tu l’inspiration ?

Si je dis aux wc ? la douche ? Au coucher ? En fait, ce sont des mots qui se bousculent dans les moments calmes, ces rares instants dans nos vies furieuses où l’on peut entendre non pas notre silence intérieur, mais au contraire nos dialogues intimes. Des mots  murmurés que parfois je retiens, que parfois je note, et qui sont l’ébauche d’une idée, d’une phrase, d’un commencement ou d’une fin,  d’une ossature à nourrir.

Quels sont tes écrivains préférés ? Et tes blogs préférés ?

Je n’ai plus de blog préféré depuis longtemps, je surfe aujourd’hui vraiment, ce qui est à mon sens l’essence même du web, se laisser porter par l’intérêt de blog en blog, de tumblr en tumblr, de site en site en laissant sa part au hasard.
Je fuis surtout tous les blogs qui ne sont que prétexte à publicité, billets sponso déguisés ou non et petite vitrine commerciale. Là je viens de fermer ma page facebook, et je reviens de plus en plus à la vie en dehors des pixels, celle où on écrit des courriers et non plus des statuts. Je ne conserve que Twitter pour son instantanéité, ce flux permanent de choses sérieuses qu’une autre qui ne l’est pas viendra chasser et que tous auront oublié avant la fin de l’heure.

Mes écrivains préférés ? Du moment alors…
Lionel Shriver pour ce livre « Tout ça pour quoi » que j’aurais tant aimé écrire (et tous les autres que j’ai, de fait, dévorés).
Céline pour le « voyage au bout de la nuit » dont il faut absolument passer les 120 premières pages soporifiques pour apprécier la brutalité et l’ironie de ses mots.
Marc Dugain, pour tous ses livres et son regard inspiré et connaisseur sur l’histoire du monde, et surtout dans son dernier livre « l’emprise » qui résume si bien la vanité des politiques actuels et l’iniquité de leurs petits calculs personnels dans la quête du pouvoir.
Et Zola, Ken Follet, Pagnol, Stephen King, bon, en réalité je lis un peu tout ce qui me tombe sous mes lunettes de presbyte

Es-tu plutôt livre numérique ou papier ?

Avant, j’étais papier, irréductiblement papier, mais ça c’était avant. Avant de découvrir que la tablette économisait la nature, qu’on pouvait emporter l’équivalent de la Bibliothèque Nationale dans sa valise, or je bouge souvent avec ma valise et l’excédent de bagage coûte l’équivalent de la peau des fesses. Qu’il suffisait d’appuyer avec son doigt, même plein de chocolat fondu, sur un mot compliqué pour en avoir la définition et surtout, surtout, que cela permettait de lire au lit tout en laissant son conjoint ronfler peinard à ses côtés, et ça, ça n’a pas de prix. (Pour tout le reste, il y a les boules Quiès).

Quels sont tes prochains projets d’écriture ?

Hmm, je n’en sais rien, ou plutôt si, mais après le premier pas, il y a le second et il n’est pas moins difficile à faire.