Pages

A propos

Une question? C'est dans la FAQ!

jeudi 12 décembre 2013

Sexisme et internet : ma réponse à Cyroul (billet garanti sans hystérie)

Hôtesses déguisées en infirmières à l'occasion de "Le Web", confèrence qui réunit actuellement les start-up du numérique

Il y a quelques jours, j’ai été amenée à échanger sur Twitter avec @Cyroultwit et d’autres féministes au sujet de ce tweet :

Bien évidemment, nous ne sommes pas tombés d’accord, sans pour autant nous invectiver, je précise (ceux qui en doutent peuvent aller vérifier sur mon compte Twitter).

« Ok, l'article sort ce soir. Vous pourez vous défouler en plus de 140 carac dedans » nous a alors prévenus @Cyroultwit.

Ca commençait bien. Comme si argumenter parce qu’on ne partageait pas son point de vue c’était « se défouler ».

En dépit de ce tweet, j’attendais impatiemment de lire son billet : Twitter est souvent caricatural et s’exprimer avec mesure en 140 caractères relève parfois de la gageure.

Son article allait donc nous expliquer posément sa position, j’en étais sûre…jusqu’à ce que j’en lise les premières lignes :

« Gros agacement depuis hier. Qui s’est amplifié après un thread twitter particulièrement agressif d’une bande d’hystériques voulant annihiler mon tweet de dimanche soir »

Ca commence bien : on notera la jolie accumulation de stéréotypes au sujet des féministes compilés en une seule phrase : « agressif » « hystérique » « voulant annihiler mon tweet de dimanche soir ». Sortez votre bingo féministe, le reste de l’article est du même acabit :

« Tout d’abord, Fleur Pellerin, ministre de mes fesses, qui telle une Nathalie Kosciusko-Morizet  à l’approche des élections, se met à passer des vrais sujets digitaux à des sujets “people” pour journalistes en mal de papier (et ils sont nombreux en ce moment). En ce début de semaine ces journalistes ont donc pu se réjouir, car Fleur Pellerin a décidé de s’attaquer au douloureux et vital problème du machisme dans l’informatique. »

Donc si je résume, 2 femmes ministres (« de mes fesses ») osent s’attaquer à des sujets non-prioritaires, voire « people » selon l’auteur. Celui qui nous intéresse ici est celui du sexisme dans l’high tech. Une problématique pourtant importante, balayée d’un revers de main par celui qui n’est pas concerné : l’homme blanc, confortablement assis sur ses privilèges. Circulez, y a rien à voir, je décrète que ce sujet n’est pas prioritaire puisque je ne le subis pas.

-> Sortez votre bingo et cochez la case « le sexisme n’est pas prioritaire » ainsi que la case « oh mais il y a des sujets plus importants comme les femmes violées/les afghanes ».

L’auteur poursuit :

« Or, si il y a bien une majorité d’informaticiens dans ces entreprises poussiéreuses, sachez que dans la nouvelle économie, les sociétés de patrons femmes pullulent. Oui, il s’agit d’une vision personnelle, mais dans la pépinière dans laquelle j’ai mes locaux, il règne une très belle parité. Sauf chez Curiouser (ma boite dont je partage la gouvernance avec – devinez quoi – une femme) où l’on compte 4 femmes (dont une développeuse de jeux vidéo) pour 1 homme. »

Donc selon @Cyroultwit, les femmes pullulent dans la nouvelle économie. Sa source : son expérience personnelle, à savoir son microcosme professionnel, qui a vraisemblablement plus de valeur que la gigantesque somme de travaux universitaires, sociologiques, démographiques réalisés sur le sujet.

Etrangement, les études sur cette thématique ne vont pas du tout dans son sens : la dernière en date, celle de Markess International pour le comité « Femmes du numérique » de Syntec Numérique a ainsi mis clairement en évidence la sous-représentativité des femmes  au sein des effectifs des entreprises de ce syndicat professionnel, avec une part de 28% des effectifs, alors qu’elle est de 48% dans la population active en France selon les chiffres 2011 de l’INSEE.
-> Sortez votre bingo féministe et cochez la case « Le sexisme n’existe pas car je ne l’ai pas vécu »

« Car l’informatique n’est pas sexuée. »

« L’informatique n’est pas sexuée » ne veut rien dire.
Les femmes s’orientent peu (ou sont peu orientées) vers les métiers techniques et sont plutôt poussées vers les fonctions de support, de communication. Il s’agit de stéréotypes liés au genre, très présents dans le milieu de l’high tech et qui commencent dès l’école, avec l’apprentissage des mathématiques.
Les femmes ont d’ailleurs très bien intériorisé ces stéréotypes : une étude l’a ainsi très bien démontré : « Des chercheurs de l'Université de Provence ont fait passer un test à des écoliers et des écolières. Ils leur ont montré une figure géométrique assez compliquée en leur expliquant qu'ils allaient devoir la reproduire de mémoire, à main levée.
Cette expérience a été réalisée sur deux groupes comprenant des filles et des garçons. Au premier groupe, les chercheurs ont dit qu'il s'agissait d'un exercice de géométrie. Alors qu'au second, ils ont présenté le test comme un exercice de dessin.
Résultat de l'expérience : lorsque l'on dit aux enfants qu'il s'agit d'un exercice de géométrie, les filles réussissent moins bien que les garçons. Mais lorsque l'on présente l'exercice comme une épreuve de dessin, les filles obtiennent des résultats meilleurs que les garçons, alors que le test est rigoureusement le même dans les deux cas. Autrement dit, la seule évocation de la géométrie (référence directe aux mathématiques) constitue un obstacle pour les filles. »


« La société l’est, ne nous trompons pas de débat. »

Donc l’informatique serait une bulle coupée de toute interaction avec la société et ne subirait pas, de fait, le sexisme. Les féministes doivent donc s’attaquer « à la société », sorte d’entité fourre-tout non identifié, mais pas à l’informatique.


« Aussi cette “ministre de l’innovation et de l’économie numérique“,au lieu d’aider des PME innovante à se développer dans un contexte administratif pourri, ou au lieu de développer l’accès à Internet en France (ce qui gênerait les lobbies),  fait des claquettes en condamnant des réflexes passéistes de boites préhistoriques. C’est clair que ça va faire plaisir aux sondages, aux lectrices féministes et aux médias qui s’ennuient. »

La rhétorique classique du « elle ferait mieux de ». « Les féministes feraient mieux de s’occuper des femmes violées plutôt que de dénoncer les publicités sexistes » par exemple, comme si un combat empêchait d’en mener d’autres.  Ici, @Cyroultwit accuse Fleur Pellerin de « faire des claquettes » au lieu de se préoccuper des vrais problèmes : comme si s’attaquer au sexisme l’empêchait de travailler sur d’autres sujets du numérique.

-> Sortez votre bingo féministe et cochez la case « Les féministes feraient mieux de…»

« Mais je ne vois vraiment pas le rapport avec l’innovation qui aurait bien besoin d’être aidée »

Pourtant, le rapport est flagrant : le sexisme est un réflexe rétrograde, passéiste et totalement en opposition avec le mot « innovation ». Que l’informatique ait besoin d’être aidé est, encore une fois, un problème différent mais pas antinomique.

Je ne commenterai pas le reste du texte, que je vous invite à lire, celui-ci se bornant à taper sur les politiciens façon « tous pourris » (le sujet du sexisme dans le numérique ne serait qu’une vile manipulation politicarde destinée à détourner l’attention des vrais problèmes). La solution, selon l’auteur : le parti Pirate, chantre de la « parité sexuelle ».
Si vous avez quelques minutes, je vous invite à lire ce billet qui dénonce l’extrême tolérance du parti  vis à vis du sexisme de ses membres sur Twitter.

Mais ce devait être, encore une fois, le fait d’une « bande d’hystériques » sans doute…



15 commentaires:

  1. Un article bien construit bourré de petites glissements rhétoriques qu'il me faudrait une journée pour recenser et qui te permette de ne dire que des vérités. Bravo.
    Je vais (car j'aime la discussion) reprendre quelques unes des critiques majeures. Histoire de voir si elles sont recevables ou pas.
    1/ l'utilisation du mot "hystériques". Je l'ai écrit, et je le revendique. Si toi tu as été correcte, ça n'a pas été le cas de la bande (d'hystériques donc) qui m'est tombé sur le rable. Nous étions mardi aprem, j'étais chez un client (je ne répondais donc pas), et je me suis retrouvé - avec un tweet qui critiquait la politique de Fleur Pellerin - catalogué comme pire machiste du monde. Vous pouvez appeler ça du militantisme, moi j'appelle ça de l'hystérie. Faut me comprendre, j'aime pas me faire agresser, même sur twitter.
    2/ la reconnaissance du machisme ambiant.
    Oui, je reconnais que la femme s'en est pris dans la gueule depuis des millénaires, et qui si certaines ont accepté ce fait, je préférerai que ça change car j'ai pas envie que ma fille le vive. C'est très égoïste, mais prouvez moi que je vous ne l'êtes pas.
    3/ la priorité de la liberté d'Internet VS la reconnaissance de la femme.
    Pour moi, la liberté d'Internet permettra la reconnaissance de la femme, le contraire n'étant pas vrai.
    Tu m'excuseras, mais voir Fleur Pellerin se faire une pleine page du JDD le jour où l'on apprend que l'article 13 du LPM va sortir. C'est juste ridicule.
    Quelle liberté auront les femmes si la liberté n'existe plus ? Aucune. Donc apprenez à prioriser. L'humanité avant la féminité Non ?
    Maintenant, vous avez le droit de vous faire abuser par Fleur Pellerin. C'est une femme politique, c'est son travail.
    (à l'heure où j'écris ces lignes, elle a fait une déclaration comme quoi " non, la Loi de programmation militaire 2014-2019 (LPM) ne crée pas de "loi martiale numérique", ni n'atteint en leur coeur la liberté de l'internet ou les fondements démocratiques."
    Oui, elle a clairement ses priorités elle aussi, vous critiquez plus là ? (à suivre)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. PAR EXEMPLE: Economie politique du geek > http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2013/03/economie-politique-du-geek.html

      Supprimer
  2. (la suite)
    4/ L'informatique féminine.
    J'en avais parlé ici : http://www.cyroul.com/mythologie-du-geek/geek-is-dead/ Mais si il y a bien un truc qui m'agace c'est le mélange facile entre l'informaticien et internet. Entre le "geek" et le digital.
    Les études que tu cites sont réalisées par et pour des SSII. Autant dire des boites préhistoriques qui se sont construites sur des modèles préhistoriques (et souvent avec des jeunes déjà dinosaurisés).
    Je ne parle pas de ça. Je parle des boites INNOVANTES. Celles qui se créent sur des modèles économiques qui n'existent pas encore.
    Et sache que dans ces boites, c'est la COMPETENCE qui est valorisée et appréciée. C'est la raison pour laquelle il y a tant de startups dirigées par des femmes. Car on se fout du diplôme, on se fout du sexe, on se fout de couleur de peau, on s’intéresse au résultat (mélange de TRAVAIL et d'EXPERTISE).
    Les exemples dont vous m’abreuvez sur mon blog, sur twitter et dans cet article, sont des exemples passéistes. Qui existent aujourd'hui, certes, mais qui n'existent pas dans mon monde qui est celui de la nouvelle nouvelle économie ou c'est le TALENT qui prime.
    Donc vous et Fleur Pellerin condamnez des exemples de comportements du 20e siècle. Je préfère (et je le dis) regarder vers le 21e siècle.

    5/ Et pour conclure
    Oui, même dans la nouvelle nouvelle économie, la femme reste une femme.
    Elle va donc susciter des réflexes sociaux classiques qui seront négatifs (répulsion, envie, etc.) ou positifs (admiration, galanterie, etc.).
    Forcément, dans un contexte informatique à la culture essentiellement masculine, elles devront prouver encore plus qu'elles sont à la hauteur.
    Oui, c'est injuste.
    Changeons ça en bousculant les normes traditionnelles. En créant des boites féminines, en recrutant des femmes, etc (c'est ce que je fais pour ma part).
    Mais certainement pas en incendiant les twittos qui sont pas d'accord avec Fleur Pellerin, vous croyez pas ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "Qui n'existe pas dans mon monde"

      Magnifique! Tu nous expliques que tu le vois pas autour de toi donc on devrait s'en foutre et tu vois pas le problème?

      Et serieux, tu pourrais quand même un peu arréter de nous prendre pour des c*ns an faisait comme si on te repochait ton désaccord avec Fleur Pellerin plutôt que le mépris total et la condescendance que tu affiche à l'égard de celles et ceux qui soutiennent une cause dont tu n'as rien a faire.

      Supprimer
    2. "Mais si il y a bien un truc qui m'agace c'est le mélange facile entre l'informaticien et internet. Entre le "geek" et le digital." ... ouaaaais c'est relou ces gens qui font des raccourcis car ils y connaissent quedal t'as vu? C'est chiant hein ces gens qui t'expliquent des trucs alors qu'ils maitrisent pas le quart de la moitié de la subtilité des notions et des concepts dont ils parlent n'est ce pas?

      Si tu penses que tu as raison et qu'il existerait des environnements complètement exempts des systèmes de dominations que produit la société, ok. Démontre le, mais alors avec des études faites par les mêmes universitaires qui jusque là, tous domaines confondus, ont démontré exactement l'inverse depuis des décennies.

      Tant que n'as pas lu des travaux de chercheurs a minima, je pense que ca va etre compliqué de nous expliquer que tu as raison, sur un sujet que nous on connait bien (comme tu connais bien l'internet), et ça va être compliqué de nous démontrer que libérer l'internet suffira est mieux que libérer les femmes, quand nous on pense qu'il n'y a justement PAS de hiérarchie et que c'est également ce que disent beaucoup d'universitaires.

      Il parait qu'en informatique on peut résoudre des problèmes 1. en commençant par identifier les pbs en question 2. comprendre ce qui a pu les engendrer 3. séparément et pas 5 problèmes en une manipulation. Et que tout ça fonctionne beaucouppar l'observation, le questionnement, les process itérarifs. Et ben figure toi que ici c'est pareil. Si tu n'as jamais pris réellement le temps de comprendre ou de te documenter pour comprendre les problèmes dont on parle ici, tu ne sais pas franchement de quoi il retourne. Tu en as qu'une petite portion, celle de ton expérience personnelle avec ton regard subjectif d'etre humain subjectif, que nous sommes tous, voila pourquoi il existe des études et des recherches, sur:d es grands ensembles.

      Enfin je t'inviterais à lire Denis Colombani pour commencer soft. C'est un homme. Et c'est un agrégé de sciences sociales, professeur de sciences économiques et sociales, doctorant en sociologie. Son blog est passionnant: http://uneheuredepeine.blogspot.fr/ et tu peux le suivre aussi sur twitter: @uneheuredepeine.

      J'espère sincèrement que cela t'intéressera quand tu auras le temps et que du moins tu pourras à l'avenir ne pas faire de "mélange facile entre hystérie et désaccord profond"

      La bise.

      Supprimer
  3. "Et sache que dans ces boites, c'est la COMPETENCE qui est valorisée et appréciée."

    C'est pour ça qu'on demande aux femmes si elles comptent tomber enceintes, parce que la grossesse perturbe le corps et l'esprit, et donc de la compétence.

    "on se fout du sexe, on se fout de couleur de peau", tu aurais pu ajouter "on se fout de la sexualité et de l'âge", alors que les boîtes "innovantes" sont les pires en matière de surreprésentation de l'archétype du jeune homme blanc hétéro.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. sans compter qu'effectivement, les boites innovantes dont parle ce jeune traître social bon teint sont les meilleures pour exploiter drastiquement la passion et les "compétences" de gens affamés et ayant été boulés du fait de leurs diplômes, atypismes sociaux et culturels divers, et qu'ils sont prêts à travailler n'importe comment à n'importe quel sous prix du moment qu'ils peuvent bouffer et se payer un placard à balais comme toit en hiver.
      c'est justement parce qu'ils savent qu'on est prêts à "beaucoup" parce qu'on a été exclus de partout, qu'ils se foutent de la couleur de peau, du sexe, du costume... et qu'ils inventent des modèles économiques encore plus retors et exploiteurs que ce qui se faisait jusque là et que des générations de prolétaires solidarisés ont travaillé à encadrer par des lois sociales et des codes du travail... que précisément ces boites innovantes détournent à gros renfort de cogitations machiavéliques.

      j'vais t'dire mon gars (l'autre là qui s'explique dans les deux premiers commentaires) : tu te trahis en parlant de ministre de tes fesses, c'est tout. t'es coupable.
      j'aime pas les socialistes : ce sont des traîtres sociaux pires que l'ump qui ne cache pas son jeu.
      mais j'aime pas les prétendus pourfendeurs libérateurs du net et autre : z'êtes des petits bourges qui fantasment sur le mot liberté qui vous permet surtout de dominer autrui encore plus efficacement qu'ailleurs.
      et dans ton vocabulaire, ben c'est ça que d'autres gens relèvent, la domination, la projection de stéréotypes de psychologie de comptoir indigent...
      fais des zétudes sérieuses en psycho et socio : là tu commenceras à apprendre ce que c'est que l'hystérie. et pas à confondre colère, désaccord, sensibilités blessées... et pourquoi et comment on te renvoie, trop gentiment à mon goût, ta bêtise de petit patron libéral espérant devenir comme les grands capitalistes avec un air bohême pour mieux tromper le chaland.
      et puis y'en a raz le bol de vos entreprises innovantes qui multiplient les services qui font disparaître les savoir faire des gens : moi ce que je souhaite c'est la fin de vos économies, de vos trucs digitaux et le retour à la machine à écrire, remplacement des machines par des gens, en chair et en os.

      nan pis tiens, j'en ai aussi marre de ces mecs qui se rasent le crane comme des bagnards, des guerriers de troupes d'intervention d'outre mer, des mafieux, bref comme des brutes épaisses... et qu'ont pas subis l'humiliation militaire... parce que pour eux, ça aurait été en fait un honneur, une consécration de leur identité virile.

      Supprimer
  4. Le Parti pirate est tellement chantre de la parité sexuelle, qu'il en est à se demander comment recruter des femmes.
    http://forum.partipirate.org/post91319.html

    Ce monceau de stéréotypes sur les femmes qui ne s'intéresseraient pas à l'informatique, la polémique sexiste sur Twitter, et cerise sur le gâteau leur prise de position totalement hors de propos sur les sex workers, ont achevé de me détourner du Parti Pirate qui avait pourtant mon vote assuré après 20 ans d'abstention.

    RépondreSupprimer
  5. C'est fascinant de lire certains de ces commentaires. On sent une absolue maitrise du sujet, mais un véritable problème à ne pas diverger sur des exemples complètement hors de propos.

    Vous comprenez peut-être mieux maintenant l'utilisation du mot "hystérique".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Déjà si tu pouvais arrêter de taxer d'hystérique les gens qui ont des avis divergents, ça serait bien.
      Si je comprends bien ton argumentation, il y aurait le monde des "geeks" et "informaticiens", gros beauf misogynes et celui d'"internet" et du "digital",ton monde,exempt de tout sexisme. Encore une fois, ton expérience personnelle n'a pas valeur d'universalité et balayer d'un revers de la main le vécu de nombreuses femmes est assez méprisant je trouve. Entre ton expérience assez microcosmique et celle de Lucile ou Celina qui ont pu recueillir le ressenti de près de 400 adhérentes à travers GIW, j'ai tendance à davantage prendre en compte celui de ces dernières, pour des raisons évidentes de représentativité. Ensuite, tu juges la liberté d'Internet plus importante que la reconnaissance de la femme (ici il convient de dire DES femmes). Pour moi ce sont 2 sujets différents, qui ne s'opposent pas ni se hiérarchisent. Croire que, si internet était totalement libre, le sexisme n'existerait pas est totalement utopique. Les femmes sont libres de travailler pourtant leur accès à certaines professions est encore limitée et elles touchent 24% de moins que les hommes.Liberté n'est pas forcément égalité. Quant au délire complotiste (Fleur Pellerin ferait diversion pour occulter la LPM), je n'y crois pas du tout. Il s'agit juste d'un hasard du calendrier, les propositions du Conseil National du Numérique devant être présentées fin mars.

      Supprimer
    2. wouai, ben en attendant, le seul à théâtraliser un refouler ou un rapport à un désir interdit, c'est toi mon gars... donc qu'éventuellement on serait tenter de soupçonner d'hystérie.
      hors tu t'accroches à ce vocable qui par ailleurs est un stéréotype d'insulte misogyne remontant à l'invention de l'hystérie même...

      pis alors attends, j'suis allé me balader sur ton merveilleux blog de couillu qui maîtrise le sujet internet et compagnie ainsi que la croyance en l'entreprise innovante...
      j'suis allé voir en premier ta page de présentation personnelle...

      bon, première remarque, je suis pas du tout enclin au formalisme, mais quand j'ai un truc de communication entreprenariale à faire, ben je m'arrange à faire faire le travail de formalisme, graphisme et mise en page, par des gens qui savent faire...
      nan parce que bon... là sans dec, ton truc, c'est pas top question communication, lourdingue à lire, genre, plein de trucs en gras dans le texte comme un élève découvrant l'utilisation du traitement de texte au collège ou à l'école primaire...
      sans compter ce qu'on peut tirer d'une analyse sémiologique du graphisme... fin de l'image quoi hein...

      bref, moi je suis pas prof à la Sorbonne... mais j'y suis allé y'a vingt ans suivre des tas de conf et compagnie... pis j'ai arrêté d'y aller quand on a vu arriver des mecs dans ton genre nous parler de comment fallait penser et être super cons pour être crédibles aux yeux de connards maîtres du monde...
      alors j'ai commencé à observer les profils de cette nouvelle vague de gus nouveaux entrepreneurs concepteurs etc...
      bref
      t'es ciblable assez facilement autant dans ton discours que dans le reste... et les femmes qui t'ont répondu sont très gentilles de le faire comme elles le font...
      et rien que de dire que le choix c'est entre l'humanité et la féminité, ben ça c'est vachement grave et tu t'en rends même pas compte. y'a pas besoin d'être féministe pour le comprendre.
      quant à la liberté sur internet : nan sans dec ! z'étiez contre le communisme ? z'avez bien nappris les leçons de vos maîtres ? et vous récitez gentiment alors que ça fait des lustres qu'on vous explique votre naïveté de doux complices rivalitaires valorisateurs du système.
      en plus je suis convaincu que la loi machin truc à propos de l'internet, c'est sûrement pas des magouilleurs dans ton genre qu'elle va gêner. bien au contraire. vous passez votre temps en relation de couloir à dégoter des clients en faisant tout quoi qu'est-ce qu'ils demandent pour le fric... et ça vous fait jouir. après vous allez vous raconter des histoires de ressembler à snowden et je ne sais qui encore... c'est ça ! on va vous croire.

      nan mais...

      tiens...

      pis quoi encore...

      laisse toi pousser les cheveux si tu veux que j'sois client de ton spectacle...

      Supprimer
  6. Je suis une fille, je travaille dans les Internets, et j'ai tendance à être d'accord avec Sophie. Une expérience personnelle n'est pas argument d'autorité et il y a un problème de représentativité dans l'argumentaire de Cyroul.
    Cependant, Sophie, croire qu'une ministre d'État, diplômée de l'ESSEC et de l'ENA, laisse au hasard du calendrier ses apparitions dans le JDD et que cela n'a RIEN À VOIR avec la LPM...
    Là pardon mais je dois dire que tu es naïve.
    Je te ferais donc la même réflexion que pour Cyroul : OBJECTIVITÉ !
    Ce n'est pas parce que Mme Pellerin a mis sur la table un problème qui t'est cher, qu'elle est exempte de tout calcul politique.
    Et comme je trouve un peu facile le raccourci "d'hystérique" lorsqu'une femme affiche une opinion divergente, je trouve tout aussi petit le terme de "complotiste" dès lors que l'on s'attaque à une personnalité qui défend une cause qui vous est commune.

    Sur ce une bien bonne journée :)

    RépondreSupprimer
  7. Cyroul n'a pas non plus entièrement tort, il y a bien deux mondes dans le domaine d'internet, un monde plus machiste généralement retrouvé dans le milieu "geek" et vidéoludique (ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de femmes dedans), et un milieu plus retenu, ce qu'il appelle le "digital". Personnellement je connais beaucoup de femmes qui sont beaucoup sur internet, sur les médias sociaux, les blogs etc. Cet aspect est bien plus féminisé, c'est une réalité qui s'observe (regardez les chiffres de fréquentation de Pinterest), là où le côté purement geek est plus fréquenté par les hommes, souvent très machistes... Après je pense qu'il n'y a pas de priorité à avoir entre deux lois importantes, c'est le traitement de l'information qui ne va pas, qu'on passe sous silence une loi qui tend à violer la vie privée pour parler à fond de mesures contre le machisme, je ne suis pas forcément d'accord, c'est un peu caresser dans le sens du poil pour poignarder dans le dos, et pour moi c'est là le problème. C'est bien que Fleur Pellerin prenne ces mesures, c'est même indispensable et important, mais en terme de communication, ça ne devrait pas passer comme ça devant une loi aussi grave que la LPM. Et regardez, ça marche, au final de quoi on parle le plus ? De féminisme, de machisme, et on élude totalement le sujet de la LPM, opération de com réussie !
    Ce que j'essaye de dire c'est que dans le fond, ce que fait Fleur Pellerin est une bonne chose, c'est dans la forme que ça va pas...

    Pour le côté hystérique, j'y ai eu droit hier, j'ai eu le malheur d'insulter Béatrice Bourges en utilisant le mot "pute", et une féministe m'est tombée sur le coin de la figure à me prendre la tête parce que "pute" est une insulte misogyne, que je suis un machiste, et que je suis misogyne...
    Alors qu'on soit d'accord ou non avec le fait d'insulter (il faut dire que cette femme se bat contre mes droits avec des arguments hypocrites et tout aussi insultants, je suis juste moins subtil), est-ce parce que j'insulte cette femme que je suis forcément misogyne ? J'aurais pu la traiter de connasse, de morue, de plein de noms d'oiseau, ça me rend forcément misogyne ? Que je sache je pense pareil de Xavier Bongibault, qui est un mec, et homo, alors si je l'insulte, je suis forcément homophobe ? Ce serait quand même fort, moi qui suis moi-même homo et qui me bats contre l'homophobie...

    Bref, pour l'hystérie je suis d'accord avec Cyroul, certains féministes sont bien trop extrêmes et ont tendance à tout prendre pour de la misogynie ou du machisme et te tombent dessus avec des arguments très aiguisés, comme si ils te plaquaient contre un mur avec un couteau à la gorge en te disant "t'as dit quoi là ? T'as dit quoi ?", et franchement c'est assez désagréable de se sentir comme ça acculé par une personne qui ne te connaît même pas et qui te juge sur un unique propos en sortant les mots de leur contexte.

    Je ne sas pas si c'est ce qu'il a voulu dire par là, mais pour le coup j'ai moi aussi trouvé la personne hystérique..

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je trouve particulièrement savoureux que vous jugiez Fleur Pellerin sur la forme...alors que vous traitez Béatrice Bourges de pute! (tout en taxant d'yhstériques celles qui vont font remarquer qu'il s'agit d'une insulte sexiste, tout comme morue pour votre information).

      Supprimer
  8. Je fous mon gros pâté dans la marre mais :

    1. Quand on se dit "informaticien" ou en tout cas dans le domaine de l'informatique on ne dit pas digital (l'adjectif de doigt) mais numérique. Donc tout ton propos comme quoi, toi tu t'y connais, est sacrément ridiculisé par une simple mais énormissime faute.

    2. Je soutiens totalement l'auteur de l'article, tu bases ton jugement sur ta vie, ce que tu connais mais ouvre toi vers le monde extérieur : ta vie n'est pas la même partout. Et c'est ça le combat.

    Je suis femme développeuse, j'ai souvent eu des femmes chefs à Thales, au Canada comme en France, je n'ai jamais eu de problèmes pour être embauchée selon mes compétences et pas la taille de ma micro jupe MAIS je sais que ce n'est pas la même partout. Je me souviens d'une entretient de stage où le sujet était si vague que lorsqu'on m'a demandé de mettre des jupes j'ai clairement tilté ce que j'allais faire pendant 6 mois : la potiche... Une seule fois, c'est assez pour savoir que le monde de l'informatique n'est pas rose pour toutes les femmes et je sais que je suis chanceuse. 3 ans dans une école avec 500 mecs et 17 filles dans la promo, le machisme tu le sens très très fort au point que certaines abandonnent sous les insultes de salopes et idiotes car elles ont osées être proches d'un garçon dans une école de garçon.... Ne parlons même pas des filles qui osent se trouver un copain, c'est forcément lui qui code à leur place, qui réfléchit à leur place, qui parle à leur place tant qu'à faire ?

    Pour quelqu'un qui parle d'informatique libre je trouve que tu ne profites pas assez de cette liberté pour aller voir ailleurs que dans ton petit monde.

    :)

    RépondreSupprimer