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jeudi 11 juillet 2013

J'ai testé pour vous : la mammographie



"40 ans c’est le plus bel âge de la vie" aiment à clamer les actrices et les chanteuses, souvent botoxées/photoshopées/coachées/liposucées.  Une phrase qui a autant le don de m’exaspérer que "maman a été le plus beau rôle de ma vie".

Pour moi, mes 40 ans se résument pour l’instant à :

-       Une coloscopie : vus mes antécédents familiaux, pas le moyen d’y couper. Une succession de grands moments de solitude entre le pyjama en papier ouvert sur l’arrière, le médecin qui me demande bien fort si « le transit va bien » en salle d’opération et l’infirmière qui m’ordonne au réveil de bien évacuer les gaz. Sans compter ma fille, qui, dans la salle d’attente comble de chez l’ORL, me demande « Maman, ça t’a fait mal quand on t’a mis la caméra dans le cucu ? ». Merci Dolto, hein, de m’avoir conseillé de tout dire aux enfants.

-       Une séance chez le phlébologue pour me scléroser les varices. Une partie de plaisir qui consiste à injecter du liquide dans les veines afin de les boucher. Encore un dommage collatéral de la grossesse dont personne ne m’avait parlé.

-       Un rdv chez la gynéco qui m’a prescrit des bas de contention et une mammographie. Elle aurait pu ajouter une boîte de Lexomil.

En évoquant le sujet avec mes copines, j’ai alors réalisé que beaucoup d’entre elles craignaient cet examen et, par conséquent, repoussaient le moment de s’y soumettre.

D’autres, gênées d’évoquer le sujet, n’en parlaient pas.

Bête et disciplinée, je me suis rendue à la mammographie sans trop savoir à quoi m’attendre. Pour vous éviter les quelques frayeurs et moments de solitude par lesquels je suis passée, j’ai trouvé qu’un billet à ce sujet pourrait être utile.

Une mammographie, comment ça se passe concrètement ?

L’examen consiste à comprimer chacun des 2 seins entre 2 plaques de verre, d’abord verticalement puis horizontalement. Ce n’est pas franchement agréable mais ça reste supportable. Dans mon centre de radiologie, la radiologue m’a scotché au préalable des billes de plombs sur les tétons afin de pouvoir les localiser sur les clichés, j’avais ainsi l’impression d’être une strip-teaseuse burlesque (beaucoup moins drôle quand il s’est agi de les retirer). Bon à savoir : il vaut mieux prévoir son rdv en première partie de cycle, les seins sont alors plus faciles à examiner et moins douloureux.

On vous demandera d’enlever le haut pour l’examen (mais pas le bas, il vaut mieux du coup éviter de porter une robe si on n’a pas envie de se retrouver en culotte) ainsi que les bijoux.

L’examen dure une dizaine de minutes pas plus.

J’ai eu une sacrée frayeur quand on m’a demandé ensuite d’aller passer une échographie, persuadée que quelque chose de suspect avait été détecté. Personne ne vous le dit au moment de la prise de rdv mais c’est absolument normal : l’échographie est complémentaire de la mammographie, elle permet de confirmer ou de préciser ce qui a été vu.

Dans mon cas, n’ayant été prévenue, j’ai attendu 10 minutes les seins ballants, assise sur le matelas d’examen et la peur au ventre jusqu’à ce que le radiologue passe une tête « j’ai une IRM, je reviens dans 10 minutes ».

Mes seins et moi-même avons décidé d’un commun accord d’enfiler un t-shirt, ce qui a suscité l’agacement du radiologue à son retour, je l’ai bien senti. Je ne vois pas bien l’intérêt de rester topless plusieurs minutes dans une salle d’examen froide à part faire gagner quelques secondes au praticien. Aurait-on exigé d’un homme qu’il reste ainsi la zigounette à l’air le temps de se faire ausculter ?

Alors qu’il m’examine, le radiologue qui a sans doute senti mon appréhension, tente de me rassurer « ne vous inquiétez pas hein, l’échographie c’est systématique. A part pour les mamies qui ont les seins transparents ». Tout en délicatesse décidément.
Après 5 minutes d’examen, il me confirme que tout va bien et me conseille de revenir dans 2 ans. Plus de peur que de mal.

Plus le cancer du sein est détecté tôt, mieux il est pris en charge. N’hésitez plus à vous faire examiner : c’est rapide et non-douloureux.

Pour en savoir plus : Site de la ligue contre le cancer

17 commentaires:

  1. Tout en finesse ce docteur.
    Mais merci de m'avoir expliquer, c'est effectivement un rendze-vous vers lequel j'irais à reculons, mais ton article aide à le rendre moins "effrayant".

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  2. Pour la salle d'attente de l'ORL, tu peux tabler avec optimisme sur 50% de malentendants pour sauver ce qui reste de dignité à ton cucul.

    Pour le reste, j'y suis passée il y a 3 ans, je l'avais raconté là http://menthealeau.net/2010/07/09/80/ et sinon pour les détails disons, euh, technique, une archive détonnante: http://mamresurlatoile.wordpress.com/2010/06/03/aujourdhui-nib/

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  3. pascal Charbonnel11 juillet 2013 à 19:02

    Mais pourquoi une mammo à 40 ans ???
    Aucune raison d en faire avant 50.
    Délire de gynécologue...
    Et l écho est une arnaque.

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    1. 25% des cancers du sein entre 40 et 50 ans. L'écho dépends de la densité des seins classée de 1(clairs) à 4 ( tres denses) . L'echo permet de différencier une opacité vue à la mammographie entre une masse solide ( potentiellement maligne) d'une masse liquidienne ( = kyste=en général bénin) . Il n'y a aucune arnaque , sauf pour les esprits ignorants et bornés guidés par leur certitude d'avoir raison .

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    2. Pourquoi donc une mammo à 40 ans, on se l'demande ! Pour ma part, mammo à 39, cancer à 42, et croyez-moi, cher Pascal, j'ai croisé plus d'une fois des minettes qui n'avaient pas 30 ans dans les couloirs de l'hosto ! à bon entendeur...

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    3. une mamo à 40 ans c'est pas une mauvaise idée! moi on me la prescrite parce que je travail de nuit, et qu'on est soit disant plus sujette au cancer du sein en travaillant la nuit. quoiqu'il en soit je l'aurez demander quand même faut mieux vérifier que d'attendre 50 ans et de découvrir un cancer qui se soignera peut etre moins bien.

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  4. coucou mammo lundi pour moi ;
    j'y vais toujours comme si j'allais à la guillotine ,mais c'est primordial de se faire dépister;
    ma mère a eu la chance de se faire dépister et soigner dès le début de son cancer du sein, et tout va bien,
    quant à moi, vus les antécédents familiaux, j'y ai droit tous les ans

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  5. Remarques au passage : Oui pour les mecs aussi on peut rester 10 minutes la bite à l'air entre deux examens… C'est pas forcément mieux question dignité mais bon la profession médicale et la dignité du patient ce n'est pas toujours l'entente cordiale.

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  6. Oui au dépistage, non au sur-diagnostic !

    De nombreuses "tumeurs" bénignes sont détectées précocément et traitées, qui auraient pourtant disparu d'elles-mêmes, dans certains cas. Donc en fait de "soigner un cancer", on impose parfois des traitements invasifs et superflus...

    Lire notamment à ce sujet : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/637417-cancer-du-sein-et-depistage-systematique-j-aimerais-pouvoir-choisir-vraiment.html

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  7. Je confirme le commentaire de LordPhoenix pour avoir aussi déjà vécu cela quelques fois : les hommes ne sont pas plus respectés que les femmes en milieu hospitalier, et peut-être même moins car comme on le sait, les mecs n'ont pas de pudeur et il n'y a que les chochottes qui sont gênés de montrer leur anatomie. Bref j'ai déjà été très mal à l'aise en attendant à poil aux urgences assis sur un brancard pour un examen... des yeux, qui ne nécessitait évidemment pas un tel traitement :-)

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  8. Annie François écrit une page merveilleuse sur la mammographie et le fait que si les hommes devaient régulièrement se faire presser les testicules de la même manière, il y a longtemps qu'on aurait inventé un autre moyen d'exploration...
    Son livre suer le cancer du sein est formidable : MINE DE RIEN (Clopin clopant et Bouquiner étaient formidables aussi)
    Il l'a emportée
    la Crapaudine (et les lucioles)

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  9. Merci de l'article, il rassure sur les appriori.

    Cependant petit bémol sur l'écho : il n'est PAS obligatoire ! Simplement, la mammographie chiffre, financièrement parlant, peu. Les médecins font donc stressé la patiente afin de facturer une écho, qui elle, est rentabilisante ! Ce n'est donc juste qu'une arnaque flippante pour facturer plus à la sécu et au patient !
    Preuve de la non obligation et de la systématisation de ce phénomène : ma mère durant sa mammo (elle était prévenue du coup fourré) a aussi vu son radiologue "s'emballer" sur le fait que rien n'est aussi sur que l'écho, que c'était obligatoire. Ma mère l'a donc rembarré dans les yeux : il n'y a rien à la mammo, vous n'avez aucune raison de me faire une écho. Obligatoire ? Non, le radiologue a vu que il l'embobinerais pas, et n'a pas cherché plus loin à la persuader.

    Voilà, flippe pas la prochaine fois, ce n'est qu'une arnaque (que tu as très bien retranscrit dans les émotions, sur quoi il t'a fait peur).

    Byz

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  10. Merci pour cet article. J'ai 28 ans, et suis déjà passée par cette case, car ma mère, puis mon père (oui, ça existe chez les hommes, même si c'est rare), ont eu un cancer du sein. Et à 28 ans, j'avais déjà des cellules cancéreuses dans un nodule, détéctées grâce à cette mammo et écho. Donc si vous avez des antécédents, allez-y le plus vite possible. Personnellement, même si c'est pas facile, je suis bien contente d'avoir été détectée maintenant. Je serai donc vérifiée activement tous les ans, et cela diminue grandement mes chances de développer un vrai cancer du sein.

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  11. C'est bien de signaler qu'il faut mieux passer la mammographie en première partie de cycle parce que les secrétaires ne préviennent pas, pas plus que les secrétaires des gynécos pour les frottis pour les règles. L'examen n'est pas douloureux, mais il vaut mieux ne pas avoir trop de rhumatismes, un lumbago ou de l'arthrose.
    Mais le plus gênant, c'est de devoir se dévêtir sous les yeux du manipulateur (pas de paravent et il reste dans la pièce assez exiguë pendant qu'on se déshabille, c'est comme à l'hôpital ) et ensuite de rester 10 ou 15 mn après la mammographie, encore les seins à l'air, avec l'interdiction de remettre le haut ou même le soutien-gorge, en attendant les résultats et pour que ça aille plus vite pour le radiologue, il ne veut pas perdre 30 seconde ou une minute, c'est le travail à la chaîne, de l'abattage. Il ne faut pas être pudique, tout tourne autour des médecins, de l'entreprise de radiologie, le temps c'est de l'argent..
    J'ai eu aussi très peur quand le manipulateur m'a demandé de changer de pièce pour faire une écho quand il est revenu, sans rien me dire d'autre, alors qu'il m'avait dit que si tout était OK, on ne ferait pas d'écho... Le radiologue faisait machinalement l'écho quand je lui ai demandé ce qu'on m'avait décelé à la mammo pour qu'on me fasse une écho et il m'a répondu "Rien, mais on en fait systématiquement une pour la première mammographie, on voit mieux à l'écho les anomalies. Quel intérêt de faire alors une mammo ? Les deux étaient peu bavards mais ils m'ont demandé à plusieurs reprises si j'avais un traitement hormonal pour la ménopause alors que je n'ai que 42 ans. Ils ont dû penser que j'étais beaucoup plus âgée, à aucun moment, ils ne m'ont demandé mon âge, pas de dossier. Je n'ai jamais été dans un bureau, le radiologue m'a remis les clichés dans la salle où il a réalisé l'échographie. On ne m'a rien donné pour enlever le gel sur les seins, c'est au patient de prévoir des mouchoirs en papier ou autre.
    Les gynécos qui ont un échographe se font un max de thune avec des échographies de l'utérus qui durent 30 seconde ou 1 min maximum pour dépister les pathologies de l'utérus, et ils facturent ça plus de 56 euros. A ces 56 €, il faut ajouter celui de la consultation de 10 min à 28 €, ils se font 100 euros en 10 min.

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    1. Réponse d'homme.
      Je travaille dans un métier, ou il perpétuellement, je fais des analyses de risques (rien de médical). Et l'âge avançant, mes collègues (F), mes amies, commencent également à ce poser des questions sur le fait d'aller montrer leurs seins, pour certaines de se voir (a leur avis) humiliées par le monde médical, pas bien informée du tout sur les risques consécutifs des examens etc,.....
      --
      Par contre, il y a une trame commune, celle ou dès l'enfance, la femme est cantonnée dans un rôle de devoir être une assistée médicale, à ce demander comment elles sont arrivées en vie à notre époque. Car honnêtement depuis 4 ou 500 ans, le seul produit qui ai fait ses preuves, c'est le .... savon et l'hygiène. (je parle en RG pas d'une maladie en particulier). Il est donc curieux de constater, le battage médiatique autour du corps de la femme, ou celle ci se rend aveuglément et sans réflexion et avec un fatalisme incroyable aux diverses consultations, faites pour leur bien. Et curieusement, plus la femme est médicalisée, plus les problèmes existent, mais personne ne se pose la question??
      joé.

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  12. "Réponse d'homme" :en fait je ne crois pas que l'anonyme qui a commenté plus haut cherchait une "réponse", elle souhaitait simplement partager son témoignage. Le seul produit qui a fait ses preuves en 500 ans c'est le savon et l'hygiène? Vous n'avez pas l'impression de mélanger hygiène et santé? On parle de mammographie et de cancer du sein dans ce billet, pas du virus de la grippe qui se transmet par un mauvais lavage des mains. Je crois que le manque d'information est le même pour les hommes et les femmes non? Mon père a été atteint d"un cancer et lui aussi se rendait "aveuglement" comme vous le dites à ses divers examens car il était très difficile d'avoir des réponses claires de la part du personnel médical. Quant au " plus la femme est médicalisée, plus les problèmes existent", vous avez des chiffres pour étayer cette affirmation?

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  13. Quand on parle de la mammographie, on pense souvent aux femmes. Voici une révélation, les hommes aussi sont susceptibles au cancer des seins. On entend moins de ceci peut-être parce qu'il y en à moins des cas, mais je crois que moins des hommes en parlent. La mammographie est là aussi pour les hommes, il est conciellée d'en faire chez les femmes aussi souvent que possible afin de détecter des anomalies aussi tot que possible.

    Eric | http://www.sorad.ca/fr/nos_services.html

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